17 mars 2008

Je souffle un mot, je le murmure

Comme un chemin que je trace

Le long des lignes d'azur

Du bout de mes larmes

Et mes doigts désarment

Et mes doigts effacent

Par des caresses qui assombrissent


Je voudrais les palper


Mais les mots

Zéphirs railleurs

S'emmêlent , s'enroulent

Chuchotent à mon oreille :

"Partons, ailleurs

Loin de la foule

Et des ciels sans soleil"



Je voudrais les poser

délicatement

sur le papier


Mais les voyelles papillonnent

Et les consonnes se rebellent

Elles m'effleurent une dernière fois

Douces syllabes sur ma peau nue

Mots de rêve, mots de joie

Lettres ingénues

Qui dans l'air tiède s'évanouissent.

9 janvier 2008

Le brasier

"Il n'y a plus rien de commun entre moi
Et ceux qui craignent les brûlures"
APOLLINAIRE, Le brasie
r


Je traverse le brasier
Tout se consume

C’est le brasier
La chaleur qui transperce
Les consciences et les cœurs

Les langues de feu sur mes brûlures écarlates
Sont des blessures létales

Pourtant je suis vivante et toutes ces mains qui m’agrippent ne sont que des flammes. Elles veulent me brûler vive et me rendre plus forte.
Dans le brasier, sacerdoce innommable

8 janvier 2008

Envie soudaine d’écrire
Des douleurs et des joies, douce adolescence !
Ces vieux habits qu’on portait sans décence
Qu’on aimait maudire
Me siéent toujours !

Et cette madeleine encore tiède
Au parfum d’amertume
Est un éclair, un intermède
Dans le tourbillon des mondes réels et posthumes
Où la vie grouille depuis toujours.

29 juillet 2007

Mister Sandman
Je me languis de la promesse de vos rêves
Mister Sandman
Je me languis et j’espère

Mister Sandman
Dites-moi en quoi consiste la chose
Mister Sandman
La chose qu’il désire le plus !

M’aimer ou me dévorer
La peau ?
Le cœur ?
Les os ?

Mister Sandman
Dites-lui qu’il peut me croquer toute crue
S’il veut m’avaler toute nue
Je résisterai un peu
Et je cèderai au jeu

Mister Sandman
Dites-lui de se méfier de mes iris incendiaires
C’est peut-être moi qui l’engloutirai la première!



24 juillet 2007

Les gens du cimetière
Ils sont morts
Ils dansent comme au bal des pendus
Une valse éperdue
Pour ceux qui vivent encore

Les gens du cimetière
Et leur corde coupée
Regardent ceux qui pleurent
L'amant, la mère, la soeur
Tant de coeurs éplorés !

Et la fille du cimetière
Les espionne
Elle voudrait leur parler
Les approcher
Sans qu'ils s'étonnent...

18 juillet 2007

Es-tu sûr de vouloir entrer...

Dans mon monde un peu stressé où les problèmes s'entassent
Où les ombres gagnent parfois aux dépens des espoirs ?

Mon apocalyptique ciel étoilé
Rempli d'étoiles palottes, presque voilées
Par mes peurs et mes errances
Leur flamme, belle luminescence
Ne brille pas toujours
Elle est comme l'amour, faite d'inconstance

Mais dans mon ciel chaotique, il ne fait jamais noir
Chaque jour est la page blanche d'une nouvelle histoire
Où tout change
Excepté tes rires chatouillés qui irisent mon ciel terne.

6 juillet 2007

Ça avait surgi tout d’un coup, de nulle part : « Embrasse-moi avant de partir. » Ce n’était pas, comme tu aurais pu le croire, un prétexte pour te faire taire, mais une évidence, émergeant au milieu de la masse informe des choses : embrasse-moi ou je meurs.

Tu t’es tourné vers moi, tu as pris mon visage entre tes mains et tu m’as embrassée. Comme jamais tu ne l’avais fait auparavant. A moins que ce soit moi qui n’aie jamais perçu tes incursions de cette façon .Moi, qui ne savais plus s’il fallait te repousser ou chercher tes lèvres et ta langue, forcée et consentante à la fois.
Etait-ce un simple baiser ? Car lorsque j’y repense, « desespéré » est le premier qualificatif qui me vient à l’esprit. Comme si tu me disais adieu.

« Pars avec moi » (ou peut-être était-ce « descends » ou « viens avec moi », déjà les souvenirs s’estompent…), voilà ce que tu m’as dit, ensuite. Tu savais quelle serait ma réponse, évidemment. Pourtant, j’y ai pensé, pendant une seconde… à partir avec toi, si tu savais… Mais vite, très vite, les ombres et le monde tout entier m’ont rappelée à l’ordre : pas raisonnable, inenvisageable de descendre avec toi courir et danser dans la nuit noire ! C’était tellement plus facile de blâmer l’univers, les gens, ce qu’il est permis de faire et ce qui ne l’est pas plutôt que de reconnaître que tout cela ne cachait en fait que mon manque de courage.

Alors voilà… tu es parti sans rien remarquer, sans t’apercevoir que les larmes que j’essayais tant bien que mal de retenir avaient finalement triomphé. Tu es parti et je les ai laissées couler en me demandant ce qui m’arrivait. D’où venait cette sensation étrange d’avoir été si proche et si loin de toi ? Comme si nous ne nous reverrions plus. Jamais.

Je ne saurais expliquer ce qui a provoqué cela : peut-être cette journée haute en couleur et pleine de rebondissements, ou les mouvements de la nuit qui tombait, du temps qui passait. Qui sait ?

Et pour finir, un signe, diraient ceux qui croient au destin. Des mots presque moralisateurs pour me narguer, pour me montrer ce que j’aurais dû faire, ce que j’aurais pu faire si je n’avais pas autant peur.

« If I lay here, if I just lay here, would you lie with me and just forget the world ? »

Et toi, si je t’avais demandé de partir avec moi, qu’aurais-tu fait ?