11 juillet 2008

Hallelujah



Les étoiles tombent une à une. Le rideau noir et froid enveloppe tout. On ne dansera plus, on ne rira plus. Ou plus comme avant. Quand le ciel brillait . Quand la lune n'avait pas encore revêtu cette robe terne.

La nuit fait même peur au rossignol. C'est la fin.


Quelque part, tout en bas, un homme solitaire, une guitare à la main, entame une dernière complainte :

"Love is not a victory march

It's a cold, it's a broken hallelujah"


Il sait que demain tout sera mort. Les aigles fiers et les grands saules dépérissent déjà.









10 juillet 2008

Oceania






Des poumons de la Terre, des tréfonds nourriciers

Mère Océane et sa cour enchanteresse surgissent

Méduses amourachées suivent sans sourciller

Murènes et serpents purs comme des lys


Des gouffres abyssaux on entend les chœurs

Cent voix d'angelots, murmurent, s'élèvent

Dans un tournoiement de lumière et de rêve

Dans un ballet hypnotique plein de ferveur :


"Your sweat is salty...

Ta peau, tes écailles dans l'eau salée

La reine veut les mordre, puis s'en aller

En gardant le goût de ta sueur salée

Et les soupirs du ressac."



17 mars 2008

Je souffle un mot, je le murmure

Comme un chemin que je trace

Le long des lignes d'azur

Du bout de mes larmes

Et mes doigts désarment

Et mes doigts effacent

Par des caresses qui assombrissent


Je voudrais les palper


Mais les mots

Zéphirs railleurs

S'emmêlent , s'enroulent

Chuchotent à mon oreille :

"Partons, ailleurs

Loin de la foule

Et des ciels sans soleil"



Je voudrais les poser

délicatement

sur le papier


Mais les voyelles papillonnent

Et les consonnes se rebellent

Elles m'effleurent une dernière fois

Douces syllabes sur ma peau nue

Mots de rêve, mots de joie

Lettres ingénues

Qui dans l'air tiède s'évanouissent.

9 janvier 2008

Le brasier

"Il n'y a plus rien de commun entre moi
Et ceux qui craignent les brûlures"
APOLLINAIRE, Le brasie
r


Je traverse le brasier
Tout se consume

C’est le brasier
La chaleur qui transperce
Les consciences et les cœurs

Les langues de feu sur mes brûlures écarlates
Sont des blessures létales

Pourtant je suis vivante et toutes ces mains qui m’agrippent ne sont que des flammes. Elles veulent me brûler vive et me rendre plus forte.
Dans le brasier, sacerdoce innommable

8 janvier 2008

Envie soudaine d’écrire
Des douleurs et des joies, douce adolescence !
Ces vieux habits qu’on portait sans décence
Qu’on aimait maudire
Me siéent toujours !

Et cette madeleine encore tiède
Au parfum d’amertume
Est un éclair, un intermède
Dans le tourbillon des mondes réels et posthumes
Où la vie grouille depuis toujours.

29 juillet 2007

Mister Sandman
Je me languis de la promesse de vos rêves
Mister Sandman
Je me languis et j’espère

Mister Sandman
Dites-moi en quoi consiste la chose
Mister Sandman
La chose qu’il désire le plus !

M’aimer ou me dévorer
La peau ?
Le cœur ?
Les os ?

Mister Sandman
Dites-lui qu’il peut me croquer toute crue
S’il veut m’avaler toute nue
Je résisterai un peu
Et je cèderai au jeu

Mister Sandman
Dites-lui de se méfier de mes iris incendiaires
C’est peut-être moi qui l’engloutirai la première!



24 juillet 2007

Les gens du cimetière
Ils sont morts
Ils dansent comme au bal des pendus
Une valse éperdue
Pour ceux qui vivent encore

Les gens du cimetière
Et leur corde coupée
Regardent ceux qui pleurent
L'amant, la mère, la soeur
Tant de coeurs éplorés !

Et la fille du cimetière
Les espionne
Elle voudrait leur parler
Les approcher
Sans qu'ils s'étonnent...