1 février 2009

Une étrange mélancolie venue signer
La fin de tout et le début de rien
Sans rime et sans mesure


Une chimère faite de bric et de broc
Qu'on rafistole comme on peut
Sans rime et sans mesure


Parce qu'on ne peut pas empêcher la Terre de tourner
L'ironie de ce destin moqueur me fera toujours sourire
Sans rime et sans mesure


Pardonnez mon verbiage
Mon envie de démesure
C'est l'ennui des dimanches qui exhale
Les mêmes odeurs



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24 janvier 2009

Combien de fois ai-je entendu
Des violons et des saccades
Des chants et des rires en cascade ?


Les passants, sur la grande place
Et leurs visages me font face
Leurs ombres burinées s'interrogent


Elles s'arrêtent, me fixent, me jaugent
Alors qu'insouciante, je dévale les pentes
Je cours sous ce soleil au zénith, et les plantes de mes pieds brûlés m'arriment à la Terre
Je ne peux pas voler,
sous le soleil


Je ne sais que courir,
Arpenter les montées, les descentes
Et tournoyer, bien accrochée à ma terre




18 janvier 2009

le sens de la mesure

Le juste milieu
Les excès des limites
Les chemins sinueux
Et les lignes délimitent


Ce qu'il faut faire
Le nécessaire
Pour que les os et la chair
Qui nous portent sans répit
Supportent aussi le poids
Des joies, des peines : de la vie.

9 janvier 2009

Deux petites filles sur le sable
Que le ciel gratifie
d'un sourire affable


Deux petites filles traversent la ville
Elles courent, elles courent !
Pieds nus sur le goudron
Sans savoir où aller, sans suivre aucun fil
Elles courent, elles courent
On dirait qu'elles tournent en rond


Elles sourient pourtant à ce ciel moqueur
Pas de revanche ni de rancœur :
c'est la pluie d'été
Et la liberté !

3 janvier 2009

la pluie d'été

On avait presque cessé d'espérer. Le ciel nous narguait en retenant toute cette eau, s'alourdissant comme le ventre d'une mère se tend au fil de ces longs mois d'attente. Parfois, quelques gouttes s'échappaient , premiers mots timidement balbutiés, et annonciateurs des torrents à venir.
L'air n'en pouvait plus de contenir ce que la terre asséchée lui réclamait depuis toujours .
Les enfants couraient dans les rues en soulevant des nuages de poussière, puis s'arrêtaient, à bout de souffle, levaient leurs têtes dubitatives vers l'étendue désespérément bleue , tandis que les petites vieilles allaient de leurs commentaires : "Il fait bien trop chaud, elle ne devrait plus tarder maintenant…"
Mais les jours défilaient et rien ne se passait.
On avait presque cesser d'espérer.


Enfin, elle tomba. Pour nous prouver une fois encore que c'est lorsque l'on n'y croit plus que les choses arrivent.
C'était la pluie d'été, salutaire et bienfaitrice. La terre reprenait des forces en se gorgeant de cette eau salvatrice. Et moi je jubilais.

28 décembre 2008

High and dry



Tous les chemins, et même les labyrinthes me ramènent à cette obsession dont il y aurait tant à dire. Une contradiction douce mais tenace où se perdent les heures. Et je souris, comme toujours, perplexe devant ce paradoxe où rouge et noir se mêlent, pour finalement se confondre, se perdre dans des considérations romanesques qui m'apaisent et m'épuisent.

Tout autour semble me questionner, mettre en doute mes chances de réussir. Mais je m'accommode de ces morsures et autres arabesques cinglantes.



C'est là, à l'intérieur, partout. Un accroc reprisé avec patience, et cousu du fil blanc de l'illusion. Celle qui, lorsqu'elle eut fini de me blesser, me sauva.

"C'est de la mauvaise volonté, du masochisme !" ,diront certains, ceux-là même qui me prêchaient la bonne parole. S'ils savaient que je me réjouis plus que je ne m'attriste ! Car je n'ai qu'une unique chose à espérer. Mais un mot de plus, et cela s'évanouira, je le sais. Alors je continue à sourire ...




23 décembre 2008

Les Sphinges sans secret

Dans les rues bruyantes et les chemins de traverse, dans les gares bondées et les impasses lugubres : elles laissent partout des énigmes que personne ne résoudra jamais. Les passants ignorent leur nom, mais qu'importe, elles sont ce que nous sommes tous : des masques sans visages, des visages sans pores . Ombres sans autre contenu que les bribes qu'elles sèment parmi la foule quand d'autres attendent patiemment la mort. Elles se cachent pour exister, jettent des regards furtifs lorsqu'elles sortent. Quelqu'un pourrait les voir, ou pire encore : deviner leur secret.
Mais il ne faut pas. NON ! Personne ne doit savoir que le poids formidable qu'elles portent sur leur frêle carcasse n'est qu'un leurre dérisoire. Du vide, comparable à ce que deviendrait leur existence si elles cessaient de se prendre au jeu.